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jeudi 25 juin 2009

Niger : La récupération des terres « inutiles » offre un nouvel espoir aux paysannes marginalisées d’Afrique de l’Ouest

Le Sahel en passe de devenir un front horticole avec des rendements estimés à près de 1.200 $ US par hectare

Niamey, Niger – L'Institut international de recherches sur les cultures dans les zones tropicales semi-arides (ICRISAT) a développé en Afrique de l'Ouest une technique innovante pour récupérer les terres agricoles très dégradées et abandonnées et leur redonner une bonne productivité.

Cette avancée est importante dans cette zone soudano-sahélienne semi-aride dont le peu de terres fertiles fait l'objet d'une surexploitation pour produire toujours plus de nourriture pour une population croissante, avec en toile de fond les variations climatiques qui menacent une production agricole déjà fragile et la sécurité alimentaire.

De plus, les terres récupérées et allouées à des femmes nécessiteuses et marginalisées leur permettent de recouvrer leurs droits socio-économiques et de gagner leur vie grâce à l'agriculture.

Selon le Prof. Dov Pasternak, chercheur à l'ICRISAT, « des études ont montré que dans la zone tropicale sèche ouest africaine, 13 à 15 pour cent des enfants souffrent de malnutrition aiguë ». « En travaillant avec les femmes à produire des arbres fruitiers et légumes locaux, nous avons non seulement contribué à restaurer leur dignité, mais leur avons aussi permis de mieux subvenir aux besoins de leurs enfants et de leurs familles tout en gagnant un peu d'argent. »

Toujours selon le Professeur Pasternak, plus de la moitié des sols sahéliens seraient très dégradés et perdraient peu à peu leurs matières nutritives et organiques sous les effets de l'érosion éolienne et hydrique. Sur de nombreuses terres abandonnées à travers le Niger, on se trouverait ainsi face à des sols latéritiques croûteux difficiles à cultiver. Les sécheresses sont responsables de l'échec des cultures deux ans sur cinq.

Les conditions climatiques très dures du Sahel, associées à une pression démographique croissante, affectent sérieusement la production agricole dans cette zone. Au Niger, la pression démographique a progressivement conduit à la formation de très petites exploitations agricoles dont la propriété et l'exploitation reviennent généralement aux hommes. Ceci a eu pour effet de « chasser » les femmes des champs, les laissant sans ressources pour s'occuper décemment de leurs familles et gagner des revenus.

Selon une étude menée par l'Institut international pour l'environnement et le xéveloppement, « on enregistre dans (certaines régions du Niger) l'émergence d'une première génération de femmes ne travaillant pas la terre. Ce processus commence quand le gamana d'une femme est cultivé par son mari car le champ en question est si petit que l'assistance de la femme n'est nécessaire que pour certains types de récoltes. A Jiratawa, nous avons découvert une seconde génération de femmes sans terre. Elles n'ont jamais travaillé aux champs car elles n'ont pas eu la possibilité d'aider leurs mamans dans leurs gamana vu que celles-ci n'avaient pas non plus de terres. Elles ne savent même pas comment semer des graines ! »

En 2004, le Gouvernement du Niger, dans ses efforts pour aider les femmes à pratiquer l'agriculture et éviter qu'elles ne s'appauvrissent, a introduit un Code Rural afin de réglementer l'accès et l'utilisation de la terre et d'autres ressources naturelles. Le régime foncier est régi par un ensemble de lois disparates relevant du domaine coutumier, du droit islamique et du Code Civil. Le Code Rural est en fait conçu pour permettre aux femmes de posséder et de disposer de la terre à leur guise. Cependant, la tendance montre pour l'instant que, le plus souvent, les terres attribuées aux femmes sont les moins productives, souvent abandonnées, en somme des terres que les hommes ne peuvent pas exploiter.

L'ICRISAT développe une gamme de techniques pour aider les Nigériennes à transformer leurs terres dénudées, improductives et encroûtées en des champs fertiles. Ces techniques offrent une approche intégrée de la production alimentaire et comprennent notamment : la restauration de la fertilité des terres dégradées, la gestion de l'eau pour cette zone semi-aride et la récupération des terres par l'utilisation d'espèces d'arbres résistantes à la sécheresse.

Les chercheurs de l'ICRISAT ont initié les femmes à la création d'un environnement favorable à la plantation d'arbres assurant un réel enracinement et leur ont montré comment gérer les sols pour éviter leur saturation en eau. Les paysans, de leur côté, ont appris à collecter les eaux de pluie dans les champs en utilisant de petits dispositifs de collecte ou des trous « zai » permettant de garder l'eau sur de longues périodes après la pluie. Les trous zai conservent aussi le sol et le composte contribuant ainsi à la croissance d'arbres fruitiers et légumineux adaptés au milieu, à enracinement profond et à forte valeur nutritive comme la Pomme du Sahel, le Ziziphus Mauritania et le Moringa, Moringa stenopetala.

Le fruit de la Pomme du Sahel est riche en fer, en calcium et en chlore et contient dix fois plus de vitamine C que la pomme ordinaire. Quant aux feuilles du Moringa, légume le plus populaire du Niger, elles ont sept fois plus de vitamine C que les oranges, quatre fois plus de vitamine A que les carottes, quatre fois plus de calcium que le lait, trois fois plus de magnésium que les bananes et deux fois plus de protéines que le lait.

Ces espèces d'arbres et d'autres, en cours d'expérimentation pour la récupération des terres dégradées en Afrique de l'Ouest, sont résistantes à la sécheresse, à une forte salinité du sol et à sa saturation en eau. Elles promettent de faire, des vastes étendues de terres dégradées ouest africaines, le nouveau front horticole de l'Afrique. L'ICRISAT estime la valeur des fruits et légumes produits à partir de ces espèces locales à environ 1.200 $ US par hectare.

A propos de l'ICRISAT:

L'Institut international de recherches sur les cultures dans les zones tropicales semi-arides (ICRISAT) est une organisation à but non lucratif et apolitique qui, avec divers partenaires stratégiques à travers le monde, mène des recherches agricoles innovantes et soutient le renforcement des capacités pour un développement durable. Sa mission principale est d'aider 600 millions de pauvres à vaincre la faim et la pauvreté et à faire face à un environnement dégradé dans les zones tropicales semi-arides en pratiquant une meilleure agriculture. L'ICRISAT est l'un des 15 centres financés par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR). Visitez notre site www.icrisat.org

A propos du CGIAR:

Fondé en 1971, le CGIAR est un partenariat stratégique entre des pays, des organisations internationales et régionales et des fondations du secteur privé pour le financement de 15 centres internationaux. Le CGIAR, en partenariat avec les systèmes nationaux de recherche agricole, la société civile et le secteur privé, oeuvre pour la promotion d'un développement agricole durable par des recherches scientifiques de haut niveau visant les populations pauvres, une sécurité alimentaire renforcée, une meilleure alimentation et santé, des revenus plus élevés et une meilleure gestion des ressources naturelles. Pour de plus amples informations, veuillez visiter le site www.cgiar.org

L'opposition à Tandja se renforce


L'annonce en fin de semaine dernière d'élections législatives anticipées le 20 août prochain, ne semble pas avoir rassuré tous ceux qui sont contre le référendum constitutionnel, pourtant retoqué par la cour qui joue le rôle de gardien de la Constitution. La CDS (la Convention démocratique et sociale) de Mahamane Ousmane a tenu, mardi 23 juin, une réunion à Niamey avec une demi-douzaine de partis, dont l'UDR, l'Union pour la Démocratie et la République et le PDP, le Parti démocratique des peuples. Objectif : obliger le président Mamadou Tandja à passer le témoin à la fin de son second mandat.

Jusque-là opposée timidement au projet de référendum constitutionnel voulu par le président Mamadou Tandja, la Convention démocratique et sociale (CDS) vient de se décider à exprimer publiquement son désaccord, tout en gardant une position ambiguë quant à son partenariat avec la majorité du Mouvement national pour la société de développement (MNSD).

Selon un de ses responsables, la Convention démocratique et sociale n’a pas de griefs contre le parti du chef de l’Etat nigérien. Elle ne renie rien de la politique menée pendant 10 ans, mais elle veut s’opposer catégoriquement à tout « tripatouillage » de la Constitution, n’ayant d’autre objectif que de permettre à Mamadou Tandja de rester au pouvoir au-delà du mois de décembre prochain, le terme de son deuxième et dernier mandat.

Pour montrer sa détermination à l’amener à respecter la loi fondamentale et les décisions de la Cour constitutionnelle, la CDS devait officialiser jeudi 24 juin, la création, avec plus ou moins cinq partis, d'une nouvelle coalition, le MDD, le Mouvement pour le défense de le démocratie. Comme le Front de défense de la démocratie (FDD), la première coalition qui s’est constituée, le MDD veut contraindre Mamadou Tandja à respecter l'arrêt de la Cour constitutionnelle qui a annulé le décret sur l'organisation du référendum.

par RFI

Article publié le 25/06/2009

vendredi 19 juin 2009

législatives le 20 août, pas de référendum

NIAMEY (AFP) — Des élections législatives anticipées auront lieu le 20 août, a appris vendredi l'AFP auprès de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui n'a ainsi pas retenu l'idée du président Mamadou Tandja d'un référendum constitutionnel.

"La Ceni a classé le référendum sans suite le lendemain de l'arrêt de la Cour constitutionnelle annulant le décret (présidentiel, ndlr) qui le convoquait pour le 4 août", a expliqué à l'AFP un membre de la Commission sous couvert d'anonymat.

La Ceni, qui est chargée d'organiser et de superviser le scrutin législatif, a pris sa décision à l'unanimité le 13 juin, a-t-on ajouté. La veille, la Cour avait annulé le décret de M. Tandja prévoyant un référendum pour faire adopter une nouvelle constitution qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat en décembre prochain.

Le 26 mai, M. Tandja avait dissous le parlement, au lendemain d'un premier avis défavorable de la Cour constitutionnelle sur un tel référendum.

Selon la Constitution, le Parlement doit être renouvelé dans les 45 jours au moins et 90 jours au plus tard après sa dissolution.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir à la télévision publique, la Ceni invite tous les partis politiques et les candidats indépendants aux législatives à lui faire parvenir "au plus tard le 25 juin", la liste des circonscriptions où ils présenteront des candidats ainsi que leur logo qui figurera sur les bulletins.

Le président Tandja, 71 ans, doit selon la Constitution actuelle se retirer du pouvoir au terme de son deuxième quinquennat successif qui expire le 22 décembre, comme le prévoit la Constitution.

L'élection présidentielle est prévue le 14 novembre.

jeudi 11 juin 2009

Au docteur qui pratique la césarienne sur la 5è République pour accoucher le « monstre froid », ISSAKA M. Mounkaila P3

Je débuterais ces quelques lignes en vous disant ma position sur le projet que vous défendez contre vents et marées. J'ai déjà à d'autres occasions fait savoir que le Tazarcé et sa procédure de mise en oeuvre que ce soit par référendum ou d'autres moyens plus féroces , est un faux débat qui ne peut que diviser le peuple( terme politico-juridique aveugle),

disons les nigériens entre pro ou antitazarcés. Ce qu'en réalité votre projet fera naitre c'est bien la maladie du pays après une certaine convalescence-dix ans d'accalmie- qu'on espérait aboutir à une guérison définitive( j'utilise des termes médicaux puisqu'il est désormais patent que c'est vous le docteur de la naissance précoce de la 6è république du Niger). En guise d'aide mémoire je disais par ailleurs que ni les initiateurs du Tazarcé ni ses opposants ne militent réellement dans l'intérêt supérieur du Niger. La réalité c'est que vous défendez tous des intérêts partisans en vous affichant ça et là et chacun de son bord comme les bons sens (ouie, odorat, goût, toucher, et vue et raison) du peuple. Et comme pour moi il s'agissait de deux mauvais choix pour le Niger auxquels vous condamnez ou invitez le peuple, je continue mon réquisitoire en vous disant que si Tazarcé meurt par le Référendum, il nous faudra dès le lendemain rester aux aguets contre ceux qui aujourd'hui s'érigent en simulacre de Front pour la Défense de la Démocratie(FDD). Mais comme il est rarissime en Afrique d'organiser un référendum inconstitutionnel et de se permettre de le perdre surtout lorsque l'on détient les rouages de l'Etat , la probabilité est donc plus élevée de s'attendre au cauchemar dans lequel vous tenez à jeter le Niger et son peuple.
Alors venons aux faits et à vos propos dans ce que vous intitulé « La Constitution du 9 août 1999: Du respect de la souveraineté du peuple » paru dans le Sahel du 9 juin 2009.
Laissez-moi tout d'abord vous rappeler un droit , celui du silence. Vous auriez pu ne pas vous prononcer et étaler vos lacunes et vos élans démagogiques. Mais si nous sommes dans un État de droit comme vous le laissez entendre alors croyez moi monsieur, vos propos peuvent être retenus pour archives et se retournés contre vous. Je disais sur un forum qu'il vaut mieux se taire et agir dans l'ombre que de se dévoiler pour défendre aveuglement un projet odieux dans le dessein de plaire au chef . Puisque vous vous affichez comme le stratège de la 5è et de la future 6è République alors je vous adresse ces mots d'un grand stratège qui de la démocratie a fait naitre le monstre de la monarchie. Napoléon disait: « les hommes qui ont changé l'Univers poursuivant l'empereur, n'y sont jamais parvenu, en gagnant les chefs mais toujours en remuant les masses. Le premier moyen est du ressort de l'intrigue et n'amène que des résultats secondaires, le second est la marque du génie et change la face du monde. »
Si ce dernier est votre mentor alors sachez que cette stratégie a ses limites car remuer les masses lorsqu'il n' y a ni urgence ni nécessité entraine des goûts amers. Et si c'est à la première partie de la stratégie que vous vous limitez à savoir « gagner les chefs et leur confiance » alors vous courez à votre perte et celle de votre chef.
Avec tout le respect que je vous dois vu votre âge avancé et votre titre , Monsieur le Docteur, je me permets de vous dire que vous déshonorez le label que vous exulter ou usurper pour donner assez de crédit à vos propos. J'ose penser qu'être docteur est un titre honorable que l'on ne veuille à aucun prix trainer dans la boue. Si vous avez quelque peu de considération pour votre expérience et votre titre, vous aurez su que la science ne sied jamais au griot. Mais comme à force de côtoyer le prince , on se retrouve contraint de lui souhaiter longue vie même si cela meurtrit le peuple, je pourrais à contre cœur comprendre votre situation inconfortable. J'ai déjà en mémoire un cas de votre acabit lorsqu'il s'est agi de procéder à la broderie constitutionnelle togolaise pour parfaire la succession de père en fils. J'étais encore sur le banc de l'ENA et tenez entre nous, certains de mes camarades ont brûlé les écrits du constitutionnaliste-doyen de surcroît – Ch.DESBACH qui a joué à l'alchimiste pour introniser Faure Nyassimbé, pour vous dire combien la science ne tolère pas qu'on la traine dans des milieux malfamés.
Après cette minime digression utile revenons au cas qui nous occupe. Comme vous vous accordez désormais des élans de docteur chirurgien mais aussi de constitutionnaliste au delà de vos propres compétences, en voulant débarrasser le Niger de sa tumeur-le régime sémi-présidentiel-(comme vous le pensez) je ne résisterais pas à vous dire que c'est l'hôpital qui se moque de la charité et que lorsqu'on veut asphyxier et tuer son chien on l'accuse toujours de rage. Mais avant que le meurtre de la bête ne soit effectif je m'en vais vous adresser mes remarques qui relèvent de deux bords: d'une part le système auquel vous déniez désormais tout droit de cité et d'autre part sur les désidératas du chef auquel vous louez vos services et votre génie.
D'abord le modèle que vous taxez de tous les maux et malheurs et auquel vous faites grief. Peut être que ma mémoire est courte mais elle me permet quand bien même de me souvenir et de vous dire que le même système que vous incriminez vous a tendu les bras et vous a couvert de légitimité sous la bienveillance du Seigneur pendant, une décennie relativement paisible, ce sur quoi d'ailleurs vous vous fondez comme fonds politiques pour entamer votre projet. Aussi , comme vous parlez de règles et de contrat social, je crois savoir que les règles et le contrat qui font votre Loi et qui vous tiennent par la limitation du mandat deviendront bientôt caduques. A moins qu'il ne s'agisse d'une révision unilatérale et manu militari- en dehors de toute prévision en vue de rendre désormais le contrat illimité. D'autre part, rien ne prouve, durant les dix années qui s'achèvent ,un quelconque dysfonctionnement inhérent au système ayant mis à mal la marge de manœuvre du Président de la République autrement on pourrait se mettre derrière n'importe quel arbre et essayer de cacher la forêt. Ainsi je dois dire que ce n'est pas en fait le bicéphalisme qui constitue réellement le monstre à abattre mais le bébé-hippocentaure que vous essayez de faire naitre sous césarienne à travers la 6è république qu'il faut -pour la survie de l'espèce humaine- envisager de tuer dans l'œuf avant son éclosion.
Sinon si vos allégations étaient nobles pourquoi les auriez vous gardées latentes jusqu'à la veille de l'expiration du délai constitutionnel. L'entre-deux -mandants n'était -il pas plutôt opportun au vu de toute stratégie honnête et louable?
De même vous accusez les différents régimes précédents auxquels vous concédez le leg de la Loi fondamentale. Comme on dit par accoutumance les absents ont toujours tort et j'ajoute qu'on peut toujours accuser les absents. Pourtant durant la conjoncture à laquelle vous vous référez, vous avez préféré un mutisme et un silence de tombe au lieu de prévenir le peuple des germes « abominables » que vous déterrez aujourd'hui.
Par ailleurs quelle est la dose de garantie qui laisserait croire que le monstre froid que vous entretenez dans la matrice gouvernementale ne sera pas omnivore. Si comme cela se déroule à cette heure, vous avez préféré réunir au sein d'un comité constituant, des pseudo juristes et politologues gagnés à votre cause, aucun gage d'objectivisme et d'élan innovant ne serait prévisible. En renonçant à l'esprit consensuel de la révision que privilégie le titre XII de la Loi Fondamentale encore en vigueur, vous avez opté pour la précipitation alors qu'aucune urgence, ni aucune nécessité n'est patente, ni même latente. Au mieux, et à vue de pays le fruit de la réflexion ne dépasserait naguère l'envergure du plagia, du copier-coller et de l'emprunt d'ailleurs que vous vous obstineriez à greffer à une réalité sociologique nigérienne que vous feignez de saisir par le droit. On peut déjà imaginer que le bouquet de la négociation et le modus vivendi comprendra au sortir des pourparlers, l'amnistie de l'article 141, le principe de la laïcité et que les verroux constitutionnels qui sauteront c'est sans doute celui de la limitation des mandats et celui de la loi du serment.
Et les modèles étrangers auxquels vous faites allusion, ne sont évoqués qu'à titre d'effet de sonde en vue d'acclimater le terrain avant la présentation de votre bébé-terrible.
Enfin j'attirerais votre attention sur un fait puisque vous vous y connaissez désormais en constitutionnalisme. Contre toute légalité et comme si le Président pouvait ex nihilo et en foulant à ses pieds le texte constitutionnel encore en vigueur,vous courez obstinément au Référendum. A moins que pour vous la simple référence au Référendum suffirait comme droit inaliénable sans se préoccuper ni de procédure ni de fond ni même de fin utile.
Passons à présent si vous le voulez bien aux ambitions inavouées de votre chef et ses nouveaux courtisans et amants.
Je remarque tout d'abord les éloges dont vous ne tarissez pas à son égard . Vous le qualifiez de charismatique, de déterminé, de pragmatique,de sage , de patriote, de républicain , de nationaliste, vous remarquez par vous même de la justesse de mes propos et je n'exagérerais pas en disant que de là au Messie, la distance, l'écart n'est plus que d'un iota. Soit ! Accordons-lui comme vous le faites toutes ses vertus! Mais si tel en est le cas en vérité, comment voudriez -vous dire en sourdine qu'un tel Monsieur, du haut de toutes ces valeurs illimitées n'a pas pu, dans l'intervalle de dix ans, -3650jours passés aux commandes-, achever un programme sur la base duquel , le peuple lui a accordé à deux reprises sa confiance. Soit, il faut denier toutes ces qualités au chef ou bien considérer que le programme du chef est une coquille vide, un concept valise, fourre-tout et attrape-tout. Je dois vous rappeler par ailleurs -même si vous n'êtes pas disposés à vous y soumettre -que c'est plutôt l'heure des bilans qui a sonné et malheureusement aucun leg louable ne plaide la cause du chef au contraire c'est à la dernière minute que les chantiers poussent du terrain et tire le chef par derrière son grand boubou et le supplient de les achever comme projetez l'image.
D'autre part comment se peut-il qu'un tel chef comme vous peignez son portrait n'aurait pas pu s'imposer en capitaine du bateau au lieu de s'effacer derrière un premier ministre durant un septennat?
Mais venons en fin aux non dits et à la teneur de votre projet de future 6è république. Laissez-moi être un peu simpliste afin de peindre la mise en œuvre en une phrase et en vous paraphrasant: « Du respect de la souveraineté du peuple: il suffit d'aller jeter son bulletin dans l'urne sans histoire et en bon citoyen...Tout est clair... » En voilà la charpente de votre raisonnement me semble -t-il, voyez vous entre nous Monsieur , même si vous l'écrivez pour le faire avaler à la masse comme une couleuvre, vous, aussi bien que votre Chef , vous ne respectez pas votre peuple, vous pensez le contraire de ce que vous dites car si les Nigériens connaissent réellement « le sens du référendum », les choses ne seraient pas aussi simples que votre raisonnement le soutient. Au contraire vous abusez de l'ignorance, de la naïveté et de l'immaturité politique du peuple et vous jouez sur la corde sensible. Et au lieu de servir de bon éclaireur, vous utilisez à leur dépens et au détriment du peuple, votre lumière de bougie pour les entrainer dans le gouffre.
Et le résultat inévitable comme vous le rapportez c'est au delà de la consultation, les trois(3)ans de prorogation. Mais est-elle réellement la voie de la sagesse? Je dois dire non et m'inquiéter par ailleurs. Vous invoquez l'appel du peuple comme si du haut de la tour d'ivoire ou vous vous situez depuis belle lurette, vous êtes les seuls à entendre l'écho de la voix et du cri du peuple alors que durant toute une décennie vous étiez restés sourds , muets et aveugles et insensibles devant les maux et malaises du peuple. Vous allez peut-être penser que j'exagère et que j'ai une ire à votre égard mais considérez cela :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche,
ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »
comme disait Césaire à un système qui lui a coûté son âme.
Et si je dois avoir une colère , elle ne peut être que saine et je m'en vais vous donner la raison. Vous avancez de manière neutre et anodine 3 ans de rallonge sans dire au peuple auquel vous prétendez prêter allégeance et fidélité que cette période sera faite d'illégalités et d'abus de pouvoir. Dites leur si vous êtes courageux et terre à terre que c'est une carte blanche que vous voulez durant trois ans ,un gouvernement par Ordonnances, des vacances payées au frais du contribuable car le fait est que vous voulez concentrer tous les pouvoirs dans les mains du futur monarque sans contrôle, sans avoir de compte à rendre à personne, sans être inquiétés de même que par ailleurs vous envisagez de pourvoir à une durée illimitée au cas où la pause café de trois ans , la récréation vous a permis de prendre le bain de baptême messianique avant la reprise avec la bénédiction du peuple votre nouveau dieu.
Alors cher vieil ami peulh, laissez-moi en tant que jeune cousin maouri par ailleurs, vous dire et comme le linge sale se lave en famille, que le Niger n'est pas un lieu de pâture , ni son peuple un troupeau d'agneaux qui par un cri strident du pasteur vous suit , têtes basses en plein désert pendant que vous lui montreriez un mirage.
Si votre chef veut d'un royaume , on pourra lui concéder entre-nous un ranch pour praire ses vaches laitières pas loin du Kanem Bornou et peut-être tailler à sa mesure un sultanat de circonstance pour une bonne retraite mérité à 71ans. Et si les honneurs le tentent davantage dites lui que bientôt une chaise se viderait peut être et lui tendraient volontiers les bras pour l'accueillir au conseil des sages de l'UA.
Sinon dites -lui que les monarchies constitutionnelles sont à titre honorifiques à moins qu'il ne veuille devenir tyran.

Enfin je vous invite qu'entre nous , nous méditons cette parole prophétique: « le meilleur des Djihads, une vérité proclamée à la face d'un despote »

mercredi 10 juin 2009

Logique floue, acte 1 par CHAIBOU Aboubacar

En analysant les arguments des pro et anti-tazartché , je me suis vite rendu compte que pour la plupart des cas il manque un repère, un référentiel argumentatif. A chaque fois que j’ai cru comprendre un passage ou un mot voilà que le prochain passage ou mot me contrarie. A chaque fois que j’ai cru sortir la tête de l’eau voila qu’une vague négative encore plus dévastatrice m’amene au fonds des profondeurs obscures. Peut être parce que je suis partisan de la logique floue, du raisonnement à contre sens et de la pensée vague. Pour revenir à mes préoccupations tazartchistes (disons de changement de constitution) je poserai la problématique non pas en termes absolus mais relativement à un cadre donné, en évitant des arguments juridiques car n’étant pas du domaine et surtout parce que mon aversion récente pour la lecture a eu raison de ma curiosité. Ainsi j’ai soumis à ma conscience de savoir :

- Si Tandja avait proposé l’idée de changer la constitution juste avant les dernières élections de 2004 (je ne sais plus si c’est la vraie date) quelle serait la position des différents antagonistes ? Je pense que le problème aurait été moindre surtout si l’opposition est rassurée par rapport au respect du principe de l’alternance politique.

- Si cette demande de révision intervenait mais notifiait que Tandja ne se présenterait pas : ce sera une occasion inouïe pour nos juristes et législateurs de montrer leur sens inégalé à proposer une constitution digne de ce nom et une véritable aubaine pour l’opposition qui se verra exercer dans un cadre plus confortable. On verra dans ce cas en Tandja la perle politique rare en Afrique. Personne ne parlera de l’immuabilité de la constitution ni de son serment coranique. Mais les choses se sont passées autrement, attirant ainsi le courroux et la révolte des uns et des autres qui à tort ou à raison entrevoient dans la lecture présente de la constitution par le Président une atteinte à son serment et à la démocratie. A mon sens tous ces discours politico partisans tiennent au cadre de la révision constitutionnelle.